Comme de coutume, nous étions en retard. Ce soir-là, nous devions retrouver nos amis au restaurant L’Ardoise. Si Pécan était déjà prêt et attendait patiemment devant l’entrée, Macadamia était encore dans la salle de bain en train de terminer de se préparer. En sortant de l’immeuble, Pécan avait saisi son smartphone pour lancer l’application afin de localiser les trottinettes électriques disponibles à proximité. Après avoir sauté sur nos engins, nous avions filé en direction du centre-ville pour rejoindre le restaurant. Une fois stationnés, nous avions entrepris de traverser la place Victor Hugo à grandes enjambées.

Comme il fallait s’y attendre, nous étions les derniers arrivés et nous avions dû nous installer en bout de table. Nous étions 8 au total : Pistache, Amande, Noisette, Cacahuète, Cajou et Coco. Parce que nous avions été tassés sur trois minuscules tables carrées, le confort n’était pas vraiment au rendez-vous. Le restaurant était bruyant et il était difficile de se faire entendre. Malgré tout, nous avions décidé de ne pas nous laisser démonter et de profiter au maximum de notre soirée.

Lorsque la serveuse était arrivée pour prendre notre commande, nous avions tous craqué pour un menu entrée-plat-dessert. Pécan avait pris des escargots persillés et Macadamia un Saint-Marcellin fondu avec des toasts. Noisette, qui était assis à la droite de Pécan, avait également opté pour des escargots, tandis que Cacahuète, installée à la gauche de Macadamia, avait, elle aussi, choisi un Saint-Marcellin fondu.

Avant de nous aventurer plus loin dans notre récit, sachez que, parce que nous étions nombreux ce soir-là, il serait difficile, sauf pour quelques exceptions, de vous indiquer ce que chacun avait mangé. Nous tâcherons toutefois de faire de notre mieux afin de vous faire revivre cette soirée avec nous.

Après avoir commandé la tournée des entrées, le moment était venu de s’intéresser aux plats principaux. Pécan s’était laissé tenter par une entrecôte grillée tandis que Macadamia avait de nouveau opté pour un classique : un burger. C’est d’ailleurs ce qu’avait choisi Cajou quelques secondes auparavant et c’est précisément là qu’avaient démarré les tribulations du steak rosé. En effet, lorsque la serveuse s’était enquise de son choix de cuisson, celui-ci avait répondu « à point ». Elle avait alors levé les bras au ciel en s’exclamant :

Vous êtes sûr que vous ne voulez pas plutôt une cuisson rosée, c’est bien meilleur pour un steak haché !

Et puis elle avait ajouté qu’une cuisson à point rendrait la viande dure comme du bois. Propos qu’elle avait ponctué en tapant du poing sur la table… qui, je vous le donne en mille, était justement en bois ! Cajou, un peu confus, avait accepté sans trop discuter. Alors, lorsque Macadamia avait commandé son burger juste après lui, elle avait dit en riant :

J’allais également demander une cuisson à point, mais j’aurais trop peur de vous offenser…

La bande d’amis avait alors ri de bon cœur. Puis était venu le tour de Pécan, qui avait alors indiqué vouloir son entrecôte cuite à point. Alors que la serveuse semblait prête à lui faire une nouvelle tirade à ce sujet, il l’avait coupé en rétorquant :

Je vais prendre le risque de manger du bois ce soir, mais merci du conseil !

Tout le monde s’était immédiatement remis à rire. Après lui, Noisette s’était risqué à choisir un filet de kangourou. La serveuse, très à cheval sur la cuisson de la viande, lui avait alors recommandé de le consommer saignant. Ce qu’il avait immédiatement accepté de peur de s’attirer les foudres de celle qui avait le pouvoir de cracher dans nos assiettes avant de les servir !

La simplicité des entrées rendait difficile la possibilité de les rater et ils avaient tous été globalement satisfaits. Lorsqu’étaient arrivés les plats, ça avait été une tout autre histoire. L’entrecôte de Pécan était plutôt correcte, mais la portion paraissait bien petite en regard du prix. Le pain du burger de Macadamia était un peu sec et le fameux steak rosé n’était absolument pas assez cuit à son goût. Et puis, il y avait eu le kangourou de Noisette. Il avait rapidement réalisé qu’une cuisson saignante pour les cuisiniers de L’Ardoise signifiait en réalité “presque cru”. En effet, la viande baignait dans le sang et rendait le tout très peu appétissant.

Pour couronner le tout, lorsqu’il avait demandé des sauces pour les frites, la serveuse lui avait apporté deux flacons ; un de ketchup et un de moutarde. Il avait donc demandé s’ils avaient de la mayonnaise et elle l’avait regardé un peu interloquée avant de repartir sans rien dire. Pécan lui avait alors suggéré en riant de cesser d’être aussi exigeant. Ce à quoi Noisette avait répondu :

Tu as raison, je vais à présent savourer mon kangourou cru et mes frites à la moutarde !

Nous avions de nouveau éclaté de rire avant de retourner à nos assiettes respectives. Si l’ambiance était plutôt bonne, le bruit de plus en plus intense rendait difficiles les conversations et commençait à nous donner mal à la tête. Nous avions alors englouti rapidement nos desserts – rien de notable à ce sujet, ils étaient très anecdotiques à l’échelle de cette soirée – et nous nous étions rapidement levés pour aller régler la note. Une fois sur le trottoir, nous nous étions décidé à poursuivre cette soirée dans un bar à proximité : Le WALLSTR’EAT.

>> Prochainement : le récit de nos (més)aventures au WALLSTR’EAT <<